On appelle anglicisme un mot ou une locution emprunté à la langue anglaise et utilisé dans une autre langue, sans être encore bien intégré(e) dans le vocabulaire de celle-ci. Un anglicisme bien intégré sera plutôt qualifié d'emprunt. Il faut noter qu'un anglicisme pour un locuteur ne le sera sans doute pas pour un autre : tout dépend de l'intérêt que porte chacun à sa langue (pour comprendre qu'un terme est un anglicisme, encore faut-il avoir quelques notions de l'histoire du lexique français et être capable de sentir fluctuations et évolutions de dernier). Nombreux sont les francophones qui ignorent, par exemple, que l'utilisation de réaliser au sens de « prendre conscience » ou encore celle d'initier pour « entreprendre, débuter » sont senties comme des anglicismes de mauvais aloi par une plus petite partie de la population qui sera, en retour, considérée comme « puriste ». Il existera même une part encore moins importante de locuteurs défendant tel ou tel anglicisme en expliquant que l'emprunt est utile.
On parle aussi dans certains cas de calques, c'est-à-dire d'une traduction terme à terme d'expressions anglaises : gratte-ciel pour skyscraper (sky veut dire « ciel » et scrape « gratter »). Initier et réaliser sont quant à eux des faux-amis.
Selon le Colpron, dictionnaire des anglicismes publié au Québec, on peut classer les anglicismes en six catégories :
L'usage du français contemporain est marqué par de nombreux anglicismes. Il ne faut pas oublier que si la tendance s'est inversée ces dernières décennies, pendant longtemps la langue anglaise a plus emprunté à la langue française que le contraire, ce qui fait que certains de ces anglicismes dans le français actuel ont été des gallicismes en anglais à une certaine époque (ex.: obsolète).
Le nombre et la fréquence des anglicismes varient selon les locuteurs et selon les domaines de spécialité. Certains domaines en regorgent, comme l'économie, mais surtout l'informatique. Celle-ci, du fait de l'hégémonie économique des États-Unis d'Amérique dans ce domaine, est en effet sujette à de nombreux emprunts à l'anglais (au jargon informatique anglo-américain), la lingua franca de fait entre les informaticiens du monde entier étant l'anglais. De plus, la plupart des langages de programmation ont un vocabulaire inspiré de l'anglais ce qui fait que les programmeurs ont une tendance naturelle à penser en anglais.
De nombreux anglicismes possèdent des équivalents français. Leur emploi n'est donc pas motivé par une lacune du lexique français et un réel « besoin de désignation », mais procède plutôt d'un effet de mode ou d'imitation (moteur essentiel du changement linguistique en général).
Les anglicismes sont nombreux dans les pays où le français est en contact quotidien avec l'anglais (pays bilingues comme le Canada) ou qui ont été occupés par un pays anglophone (comme le Japon). La Belgique étant un pays essentiellement bilingue, le gouvernement utilise parfois des anglicismes : d'une part, cela évite d'utiliser des termes néerlandais ou français qui pourraient favoriser l'une ou l'autre communauté, d'autre part certains ministres ne maîtrisant pas bien l'autre langue, l'anglais permet alors de s'exprimer plus facilement. Une bonne part des anglicismes «récents» sont cependant apparus autour de Paris : mailing, customiser, news, chewing-gum, green.
Les pays francophones tentent de contrer les emprunts à l'anglais en réagissant par la création de néologismes, particulièrement dans le domaine informatique (toile pour web (abbréviation de World Wide Web), courriel pour email, pourriel pour spam, etc.).
Lexicologie | Anglais | Expression anglophone | Langue française
Anglicisme | Anglizismus | Anglicism | Anglicismo | Anglismi | Anglicismo | Anglicismo | Anglizismus | Anglicisme | Anglicyzm | Anglicismo | Anglicism
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