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L'Alsace est une région française qui regroupe deux départements : le Bas-Rhin au nord et le Haut-Rhin au sud. Son chef-lieu est Strasbourg, qui est aussi sa plus grande ville, suivie par Mulhouse (sous-préfecture du Haut Rhin).
C'est également une région historique qui comprenait en outre l'actuel Territoire de Belfort.
L'Alsace couvre une surface de 8 280 km² (190 km de long sur 50 km de large soit 1,5 % de la superficie de la France), ce qui en fait la plus petite des régions administratives de France métropolitaine. Elle s'étend du sud au nord le long du Rhin qui la borde à l'est. Elle est limitée au nord et à l'est par l'Allemagne, au sud par la Suisse, au sud-ouest par la région Franche-Comté et à l'ouest par la région Lorraine.
Son espace est découpé en plusieurs ensembles de relief :
Le climat alsacien est « semi-continental d'abri ». L'hiver y est froid et sec, l'été chaud. Il y a peu de précipitations, car les Vosges protègent la région contre les intempéries ainsi que des vents d'Ouest. Colmar bénéficie d'un micro-climat ensoleillé et sec : c'est la deuxième ville la plus sèche de France (après Perpignan) avec 550 mm de précipitations par an ce qui en fait un environnement idéal pour la culture de la vigne et pour le vin d'Alsace.
Pour plus de détails statistiques, voir les articles Climat du Bas-Rhin et Climat du Haut-Rhin.
L'Alsace se partage entre la plaine du Rhin, un fossé d'effondrement entre les Vosges et la Forêt Noire, le massif des Vosges et une petite partie du massif du Jura.
La structure tectonique du sous-sol (plaque d'effondrement) explique une certaine activité sismique.
Des gisements de pétrole ont été exploités au nord (à Pechelbronn, près de Niederbronn, l'un des premiers gisements au monde à être exploité, en 1740), ainsi que des gisements de potasse datant de l'oligocène près de Mulhouse. Des mines d'argent ont également été exploitées jusqu'au début de près de Sainte-Marie-aux-Mines.
À la différence de ses provinces et régions voisines, l'Alsace n'a jamais connu de période d'unité et d'autonomie politique combinées. Longtemps caractérisée par un morcellement politique important, la région fut principalement sous l'autorité plus ou moins théorique du Saint Empire romain germanique de 962, date de sa création jusqu'en 1648, puis de la France, après son annexion progressive au .
Quelques repères:
L'INSEE estime que la population alsacienne va augmenter de 12,9 % à 19,5 % de 1999 à 2030 et atteindre les 2 millions d'habitants.
Les bassins de population et d'activité (emplois, commerces, services, transports, études, divertissements etc.) sont concentrés autour des agglomérations de Strasbourg et de Mulhouse, qui étendent de plus en plus leurs zones d'influence respectives.
L'axe A4 (en direction de Paris), dense, (à péage à 20 km au nord-ouest de Strasbourg), commence à atteindre un point de saturation de même que l'axe A36 en direction de Paris-Lyon, à péage dès Burnhaupt (10 km à l'ouest de Mulhouse), gratuit jusqu'en Allemagne.
Du fait de la conception des autoroutes - comme étant à la fois des voies de transit et des voies de desserte des grandes agglomérations - qui prévalait dans les années 1970 et 1980, les villes de Strasbourg et de Mulhouse voient leur agglomération traversée par des voies autoroutières portées aujourd'hui à 2 fois 3 voies, et ce, à moins d'un kilomètre du centre-ville pour Strasbourg et d'1,5 km pour Mulhouse. Il en résulte de fortes nuisances : principale source de pollution et saturation du trafic, notamment à Strasbourg où le trafic de l'autoroute A 35 (170 000 véhicules/jour en 2002) est l'un des plus importants de France. La traversée urbaine de l'A36 à Mulhouse provoque également des perturbations régulières de trafic, temporairement apaisées par sa transformation en 2 fois trois voies. L'absence de panneaux à messages variables et de caméras de trafic (de type webcam) ne facilite pas la communication avec l'usager. Il y a un projet de construction d'une nouvelle autoroute de 2 fois 2 voies qui contournerait l'ouest de l'agglomération strasbourgeoise afin de capter le trafic de transit nord-sud et de délester Strasbourg. Le tracé prévoit de relier l'échangeur de Hoerdt au nord, à Innenheim au sud. L'ouverture est prévue fin 2011 pour un trafic envisagé de 41 000 véhicules par jour. Les estimations de la DDE (maître d'ouvrage) laissent cependant planer quelques doutes sur l'intérêt d'une telle infrastructure, puisqu'elle ne capterait qu'environ 10 % du trafic de l'A35 au niveau de Strasbourg.
À cela s'ajoute la décision de l'Allemagne voisine d'imposer une taxe sur les poids-lourds empruntant son réseau autoroutier (LKW Maut). Ainsi, une partie du trafic de transit de l'A5 allemande se reporte sur le réseau alsacien, parallèle et gratuit, ce qui aggrave aujourd'hui la saturation de celui-ci. Pour tenter de remédier à cette situation, le député Yves Bur a fait adopter par l'assemblée nationale en décembre 2005 un amendement instituant également une taxe sur les poids lourds en Alsace. Le décret d'application n'est cependant pas envisagé dans un avenir proche...
Cependant, le tunnel Maurice-Lemaire en direction de Saint-Dié-des-Vosges fut abandonné par le chemin de fer et est aujourd'hui destiné au trafic routier avec péage.
Article détaillé : TER Alsace
L'Alsace est une région dont l'activité économique est variée. Il peut être cité :
L'Alsace est fortement tournée vers l'international, 35 % des entreprises ont une participation étrangère (notamment allemande, suisse, étasunienne, japonaise et scandinave).
L'Allemagne a représenté près de 38,5 % des importations alsaciennes en 2002, sa crise a entraîné une crise structurelle alsacienne. Longtemps épargnée par le fléau du chômage, l'Alsace a vu celui-ci fortement augmenter (+ 20 % entre mars 2002 et mars 2003 atteignant près de 6,8 % de la population active). Ce taux de chômage relativement faible était dû à l'industrie (26 % des emplois) en crise désormais. L'Alsace entame maintenant sa reconversion industrielle vers le tertiaire notamment la recherche et les nouvelles technologies.
L'exploitation minière du chlorure de potassium (sylvinite - phosphates) qui pendant un siècle a extrait 570 millions de tonnes (treize mille salariés en 1950) est désormais l'objet d'un musée à côté du chevalet de la mine Rodolphe à Wittelsheim.
Article détaillé : Culture de l'Alsace
Excepté dans quelques communes jouxtant le Territoire de Belfort et le pays welche, ainsi les vallées de la Weiss (Orbey) et de la Liepvrette (Sainte-Marie aux Mines) dans le massif des Vosges (traditionnellement de parlers "oil" lorrains), en Alsace Bossue ou autour de Wissembourg (où la pratique du francique rhénan quoique en déclin reste avérée), une partie de la population parle encore aujourd'hui couramment la langue locale, l'alsacien, dialecte alémanique. L'alsacien fait quelques emprunts lexicaux au français et a été longtemps la langue maternelle de la plupart des habitants. Le français est cependant l'unique langue officielle en vigueur. Le haut allemand (Hochdeutsch), utilisé comme langue écrite depuis le XVIème siècle, fut la seule langue officielle de 1871 à 1918 et de 1940 à 1944. Durant la période de 1871 à 1918, la langue française restait enseignée dans les enclaves romanes (situées au fond de quatre hautes vallées des Vosges et dans les villages francophones de l'actuel département de la Moselle).
Depuis 1992, il existe dans le but de préserver l'alsacien, ensemble de dialectes surtout parlés et moins souvent écrits (avec une orthographe variable choisie par l'auteur, dans sa variante locale), des sections bilingues paritaires en Alsace où l'enseignement est dispensé pour moitié en français et pour moitié en allemand Hochdeutsch (ayant l'avantage d'avoir une orthographe fixe et une forte présence dans les médias écrits ou audiovisuels). À l'heure actuelle, elles concernent environt 5 % des élèves. Au lycée, les élèves peuvent passer l'Abibac. L'alsacien peut y être parlé en maternelle et peut être enseigné ou parlé en primaire. Cependant l'écrit est en allemand, considérant que celui-ci est la version écrite commune de l'ensemble des dialectes alsaciens.
Des pièces de théâtre en alsacien sont encore représentées.
On pourra consulter également la liste établissant la correspondance des toponymies alsaciennes en français et en allemand.
Tout le monde tend à admetttre en France que l'Alsace est intrinsèquement plus allemande que française. Un paradoxe quand on sait que la Première Guerre mondiale, et la Seconde Guerre mondiale dans une autre mesure, ont débuté sur ce célèbre contentieux.
La cuisine alsacienne, fortement imprégnée des traditions culinaires germaniques, est riche en spécificités locales, marquées par une dominante d'utilisation du porc sous diverses formes. Parmi les plats traditionnels d'Alsace peuvent être cités le baeckeoffe, la tarte flambée, la choucroute, le schiffala ou les fleischschnackas. Le sud de l'Alsace, appelé le Sundgau, se caractérise par un plat traditionnel à base de poisson : la carpe frite. Notons enfin que l'un des mets les plus raffinés d'Alsace est le foie gras d'oie puisqu'elle en produit depuis le XVIIe siècle.
Des desserts traditionnels : kouglof, tarte au fromage blanc.
Les festivités de fin d'année, moment fort dans la culture alsacienne, sont l'occasion de la production d'une grande variété de biscuits et petits gâteaux, appelé brédalas, ainsi que de pain d'épice, offert aux enfants à partir de la Saint Nicolas, le 6 décembre.
Région viticole, l'Alsace produit principalement du vin blanc, grâce aux vignes du piémont vosgien. Le vignoble d'Alsace est ainsi à l'origine du Riesling, du Gewürztraminer, du Pinot gris (anciennement Tokay, puis Tokay Pinot gris), du Pinot blanc, du Sylvaner, du Muscat d'Alsace, du Klevener et du Crémant d'Alsace, mais également des vins rouges ou rosés tel le Pinot noir ou encore le Rouge d'Ottrot. L'Edelzwicker est un des rares vins d'assemblage alsacien.
L'Alsace est également la première région productrice de bière en France, grâce notamment aux brasseries implantées dans l'agglomération strasbourgeoise, dont Kronenbourg, Schützenberger (en cours de liquidation judiciaire) et Fischer, et à l'ouest de celle-ci (Météor, Saverne/Karlsbräu), qui profitent de la culture du houblon dans le Kochersberg et dans le nord de la plaine d'Alsace.
Le schnaps est également une production traditionnelle de la région, en déclin cependant depuis la raréfaction des bouilleurs de cru et la baisse de la consommation d'alcools forts traditionnels.
Le Melfor est un autre particularisme gastronomique régional. Il s'agit d'un vinaigre d'alcool aromatisé au miel et aux plantes utilisé comme condiment pour assaisonner salades et crudités. Conçu par la société Higy, à Mulhouse, il n'a longtemps pas dépassé les frontières de l'Alsace-Moselle.
Enfin, l'Alsace est une importante région productrice de jus de fruits -Cidou, Rea- et d'eaux minérales ou de source -Carola, Wattwiller, Celtic-.
L'habitat traditionnel de la plaine alsacienne est constitué de maisons construites avec des murs en colombage et torchis et des toitures en tuiles plates. Colombage et torchis se rencontrent, certes, dans d'autres maisons de France, mais leur abondance particulière en Alsace est due à plusieurs raisons :
1°) La proximité des Vosges rendait le bois bon marché et facile à trouver.
2°) Du fait du risque sismique le bois était plus adapté que la pierre car, plus souple, il résistait mieux.
3°) Dans les périodes de guerre et d'invasion les villages étaient souvent incendiés, ce qui entraînait l'effondrement des étages supérieurs. C'est pourquoi on avait pris l'habitude de bâtir en pierre les rez-de-chaussée sur lesquels on reconstruisait le haut en colombages une fois la tourmente passée. C'est ce qui explique que certaines communes se soient relevées si vite dès que la paix était revenue.
Cependant les colombages apparents aggravaient les risques d'incendie, c'est pourquoi, à partir du XIX siècle on a commencé à les recouvrir de crépi. Ce n'est qu'à une époque récente qu'on a commencé à les dégager ; plus récemment encore les Beaux-Arts ont exigé, pour accorder une subvention, que le crépi restant ne fût pas peint en blanc, comme on s'était mis à le faire, mais dans des couleurs variées, afin de revenir à l'usage plus ancien. Les habitants ont suivi, plus pour des raisons financières que par conviction. En tout cas on est aujourd'hui frappé par la différence entre les villages alsaciens, maintenant badigeonnés, et les villages badois qui leur font face et où le blanc règne toujours en maître.
La cigogne, oiseau auquel certaines légendes contées aux enfants attribuaient l'apport des bébés dans les familles . Quasiment disparue il y a une trentaine d'années (1970), elle a fait l'objet d'une stratégie associative de repeuplement efficace. On en trouve désormais sur tous les toits des églises et autres édifices publics d'Alsace et même parfois sur des toits de maisons de particuliers.
Le drapeau alsacien historique est constitué de deux bandes horizontales: une rouge (en haut) et une blanche (en bas). Il se répand au XIXème siècle et trouve son origine dans la forte récurrence des couleurs rouges (gueules) et blanches (argent) dans les blasons des familles nobles et des villes alsaciennes. Lors de la période 1871-1918, le drapeau s'affirme comme le symbole de l'Alsace, en particulier en réaction vis à vis des visées centralisatrices de la Prusse. Le 25 juin 1912, le parlement d'Alsace-Lorraine l'adopte comme emblème national. Aujourd'hui ce drapeau historique de l'Alsace est mis en concurrence avec le drapeau calqué sur le blason alsacien, création récente sans véritable fondement historique. Le drapeau de l'Alsace est appelé en dialecte alsacien "Rot un Wiss" (litteralement: rouge et blanc).
Voir aussi : Liste des musées d'Alsace
Voir aussi : Catégorie:Personnalité alsacienne
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