Cette page concerne l'année 1830 du calendrier grégorien.
Événements
Europe
- Mars : Le chef de l’administration miliaire russe dans les principautés danubiennes (Moldavie et Valachie), le général comte P. Kisseleff réorganise la vie politique, économique et sociale des deux Etats. Des divans de boyards élaborent des Règlements organiques, approuvés par Saint-Pétersbourg et Constantinople, puis par les Assemblées générales extraordinaires de Moldavie et de Valachie en 1831. Ils restent en vigueur jusqu’en 1859. Ils introduisent la séparation des pouvoirs entre un prince élu à vie par l’Assemblée générale extraordinaire et un Conseil de six ministres et une Assemblée civique présidée par le Métropolite. L’administration provinciale est confiée à des préfets.
Belgique
- Août : Début de l'insurrection belge (1830-1831). Le soulèvement belge contre le pouvoir hollandais mène à l'indépendance de la Belgique.
- 25 août : La politique maladroite des Hollandais provoque l’insurrection bruxelloise.
- 4 septembre : Le mouvement s’amplifie et reçoit le soutient des Liégeois.
- 20 septembre : La garde bourgeoise de Bruxelles, formée d’éléments modérés, est désarmée par les émeutiers.
- 23-26 septembre : Echec sanglant d’une intervention militaire à Bruxelles. Devant la menace d’intervention néerlandaise, radicaux et modérés se liguent pour les repousser (les « Quatre Journées »).
- 29 septembre : Sécession des provinces belges.
- 4 octobre : Indépendance de la Belgique, proclamée sans que le gouvernement provisoire ne se prononce pour la république.
Pologne
- 18 novembre : Le tsar Nicolas Ier de Russie, qui veut intervenir contre les Belges au non de la Sainte-Alliance, donne l’ordre de mobilisation des troupes polonaises.
- 29 novembre: Début de l'Insurrection de Novembre (fin en 1831). Des soulèvements de patriotes polonais sont écrasés dans le sang par la Russie.
- A Varsovie, dans la nuit du 29 au 30 novembre, une petite troupe de conspirateurs civils attaque le palais du Belvédère où réside le grand-duc Constantin ; au même moment les cadets de l’école des officiers défilant dans la Vieille Ville se heurtent aux soldats russes. Le grand-duc s’enfuit dans la confusion, les généraux polonais refusent de suivre les cadets. Quelques-uns sont mis à mort, la majorité des troupes polonaises continuant d’obéir aux ordres. Les quartiers riches de la ville restent calmes, mais le secteur populaire s’empare des armes de l’arsenal. Constantin refuse d’engager ses troupes, et au matin, les jeunes révolutionnaires sont maîtres de la capitale. Les autorités impériales russes sont chassées de Varsovie.
- Le ministre du Trésor et de l’Industrie Drucki-Lubecki prend les choses en mains afin de négocier avec le tsar et de maintenir le mouvement révolutionnaire dans des voies modérées : il crée un Conseil administratif. Les patriotes mettent un club sur pied, la Société patriotique, dont un des chefs est l’historien Joachim Lelewel.
- 13 décembre : Le Conseil négocie avec Constantin qui accepte de retirer de Pologne les troupes russes. Le prince Czartoryski essaye de son côté de discuter avec Saint-Pétersbourg, tandis que le général Josef Chłopicki, ex-officier napoléonien, se proclame dictateur et adopte une position d’attente.
- 18 décembre : Le Sejm (la Diète polonaise) affirme le caractère national de l’insurrection. Le tsar annonce son intention de reconquérir militairement le pays.
Royaume-Uni
- Novembre : Révolte de « Captain Swing » (Swing riots) dans les comtés ruraux du sud-est de l’Angleterre, rapidement étouffée. Des travailleurs agricoles protestent contre l’introduction de batteuses mécanique et la dureté de leurs conditions de travail.
- Tentative échouée de fédérer les associations de travailleurs dans une Association nationale pour la protection du travail (1830-1832).
- Gibraltar devient une colonie britannique.
France
- Hiver particulièrement froid (1829-1830). Au printemps, la disette provoque une série d’incendies, en particulier dans l’Ouest (les mendiants menaçant les paysans de brûler leurs chaumières si ne leur fournissent pas du pain), témoignant de la vétusté de l’habitat rural.
- 31 janvier : Le gouvernement décide d’intervenir à Alger, et l’annonce le 3 mars par le discours du trône.
- 19 février : Formule de Adolphe Thiers : « le roi de France règne et ne gouverne pas », qui résume la pensée de ceux qui se rallient à une monarchie parlementaire.
- Mars-mai : L’opposition entre le roi et le ministère d’une part, l’Assemblée et l’opinion d’autre part, font monter la tension. À l’adresse des 221 députés libéraux au roi (18 mars), réclamant le respect de la règle du jeu parlementaire énoncée dans la Charte, le roi réplique par la dissolution de l’Assemblée, le 16 mai. Les fonctionnaires suspects de sympathies libérales sont révoqués.
- Série d’incendies mystérieux dans les régions périphériques du Bassin parisien au printemps. Des administrateurs demandent des mesures de police pour éviter des mouvements populaires.