Cette page concerne l'année 1799 du calendrier grégorien.
Événements
Amérique
Canada
Afrique
- Ruine du royaume des Foundj (Nil Bleu) par les luttes intestines des rois et de leurs vizirs Hamadj. Le royaume, qui a déjà perdu le Kordofan au profit du Darfour, ne contrôle plus que Sennar, la capitale, et la Gezirah (« île »), riche terre entre le Nil Blanc et le Nil Bleu où l’irrigation est possible ; il connaît une succession de meurtres de sultans jusqu’en 1821 avant d’être conquis par l’Egypte.
Asie
Inde
Indonésie
- 31 décembre : Le privilège de la Compagnie hollandaise des Indes orientales (Dutch East India Company) n’est pas renouvelé. L’État néerlandais exploite directement ses possessions et cherche à définir une nouvelle politique coloniale. Le Comité pour les affaires orientales informe les autorités de Batavia qu’il faut songer à introduire progressivement les idées nouvelles de liberté et d’égalité dans les Indes. Batavia répond que les nouveau principes ne lui sont pas très bien connus et que l’on ne saurait bouleverser les relations établies entre les peuples et les princes indigènes. Le gouvernement hollandais assure qu’il n’est pas question d’appliquer les principes de liberté et d’égalité dans les possessions indiennes tant qu’elles se trouveront « dans l’état nécessaire de subordination ». L’esclavage ne saurait être aboli « jusqu’à ce qu’un ordre plus élevé de civilisation générale permette l’amélioration du sort des esclaves avec la coopération de toutes les nations européennes qui ont des possessions outre-mer » (27 avril).
Proche-Orient
Egypte
- Après la perte de sa flotte à Aboukir, pour sortir de l’impasse, Bonaparte entreprend la conquête de la Syrie pour remonter vers la Turquie. Il occupe Jaffa, bat l’armée turque au Mont-Thabor le 16 avril (Kléber), mais est arrêté au siège de Saint-Jean-d’Acre, car son artillerie est insuffisante (février-mai).
- Mai : Bonaparte égyptianise l’administration, portant un coup sérieux à l’influence turque.
- Bonaparte revient alors sur ses pas, bat les Turcs sur terre à Aboukir le 25 juillet, mais se trouve de nouveau enfermé dans sa conquête. Inquiet de cette situation, Bonaparte prend prétexte de la seconde coalition pour abandonner le commandement à Kléber le 22 août et rentrer en France.
- Accords d’Istanbul entre la Porte et la Grande-Bretagne concernant l’Egypte. Les Britanniques s’engagent à restituer l’Egypte à la Turquie en cas de victoire.
Europe
- Deuxième coalition : Grande-Bretagne - Autriche - Russie - Turquie - Deux-Siciles contre la France (fin en 1801).
- 12 mars : Le Directoire déclare la guerre aux Habsbourg pour avoir autorisé le passage de troupes russes sur leur territoire.
- Les armées du Danube (Jourdan), de Suisse (Masséna|*), d'Italie (Scherer, puis Moreau) doivent converger vers Vienne. Elles se heurtent aux Autrichiens en Bavière et en Italie, aux Russes en Italie.
- Vaincue le 25 mars à Stockach, l'armée du Danube bat en retraite vers le Rhin.
- Vaincue à Magnano (Moreau, 5 avril) et à la Trébie (17-19 juin) par Souvorov, l'armée d'Italie reflue sur les Alpes.
- 4 juin : Masséna remporte la victoire à Zurich, mais ses flancs découverts, doit battre en retraite.
- En juin, Paul Ier de Russie déclare la guerre à l’Espagne.
- 23 juin : Convention russo-britannique de Saint-Pétersbourg en vue d’une campagne en Hollande.
- 15 août : L'armée d'Italie est battue par les Russes à la bataille de Novi. Le général Joubert y est tué.
- 25-27 septembre : Masséna est victorieux des Russes de Korsalov à Zurich. La Suisse est placée sous « protection française ».
- En Hollande, Brune défait le corps expéditionnaire britannique et une flotte russe à Bergen (19 septembre). Il force les Britanniques à rendre les armes par la convention d'Alkmaar (6 octobre).
- 19 octobre : Paul Ier de Russie rompt avec la Grande-Bretagne et l’Autriche, puis signe une alliance avec la Suède à Gatchina le 30 octobre. Après le 18 Brumaire, il songe à se rapprocher de Bonaparte.
Italie
- Janvier : Les Napolitains entrent en guerre, marchent sur Rome, mais rapidement défaits, ils battent en retraite. Le roi de Naples se replie en Sicile, tandis que les patriotes proclament la République parthénopéenne.
- 8-16 février : Référendum au Piémont, qui donne une forte majorité pour l’annexion par la France. Le processus est interrompu par l’entrée des Russes à Milan (28 mai).
- Dès février/mars, les troupes « sanfédistes » du cardinal Ruffo occupent la Calabre puis le Basilicate.
- Emeutes antijuives dans le Trastevere et les Castelli.
- Le général russe Souvorov bat Moreau à Cassano, occupe Milan (28 avril) et Turin (26 mai).
- Macdonald se retire de Naples à la mi-avril et se dirige à marche forcée vers le nord pour prêter main forte aux troupes françaises du Piémont. A la Trébie (17-19 juin), il inflige de lourdes pertes à Souvorov avant de battre en retraite. Souvorov, vainqueur, prend le titre de prince d’Italie.
- Naples est reprise le 22 juin par les troupes du cardinal Ruffo et par les brigands.
- Florence est occupée par les insurgés le 7 juillet.
- 18 août : L’armée d’Italie reflue sur les Alpes puis est battue par les Russes à la bataille de Novi. Turin est occupée.
- La République romaine s’effondre le 30 septembre
France
- Les élections de germinal an VII se déroulent dans un climat d'inquiétude (déflation, conscription, réorganisation fiscale, insécurité, guerre). Elles sont défavorables aux triumvirs (Barras, La Révellière-Lépeaux, Reubell). Les Conseils valident les élections. Sieyès, partisan d'une révision de la constitution, remplace Reubell au Directoire (20 mai).
- 18 juin : Journée du 30 prairial an VII. Du 16 au 20 juin, sous la pression des assemblées, Treilhard est éliminé parce qu'il est élu Directeur moins d'un mois après sa sortie du conseil des Cinq-Cents ; La Révellière-Lépeaux et Merlin de Douai démissionnent pour couper court à des accusations de trahison et de concussion. Ducos, Moulin et Gohier les remplacent. La majorité se fonde sur l'alliance de républicains modérés et de Jacobins.
- 27 juin : Appel de conscrit et suppression du remplacement.
- 27 juillet : Emprunt forcé sur les riches.
- Loi des otages contre la terreur blanche (parents d'émigrés ou de rebelles déportés en réponse à l'assassinat d'un fonctionnaire, d'un militaire ou d'un acquéreur de biens nationaux) le 12 juillet.
- Insurrection royaliste en Haute-Garonne début août.
- Le Directoire rétablit le droit des visites domiciliaires par la police et déclare certains départements en « état de trouble ».
- La chouannerie s'étend dans l'Ouest.
- Bonaparte quitte l'Egypte en août, débarque à Fréjus le 8 octobre et regagne Paris par surprise (16 octobre).
- Les chouans prennent pour quelques heures Le Mans, puis Nantes.
- L'opinion est inquiète et favorable à une révision constitutionnelle renforçant l'exécutif. Les Jacobins réclament des mesures et songent à un coup d'Etat (Bernadotte). Sieyès, soutenu par le courant révisionniste modéré, envisage lui aussi un coup d'Etat. Bonaparte est pressenti.
- 9 novembre (18 brumaire an VII) : coup d'État du 18 Brumaire : Bonaparte renverse le Directoire, début du consulat provisoire.
- le Conseil des Anciens vote le transfert du Corps législatif à Saint-Cloud pour le soustraire à une tentative de complot jacobin. Bonaparte reçoit le commandement des troupes, tandis que Sieyès obtient la démission des Directeurs. L'exécutif est vacant le 18 brumaire au soir. Le 19, à Saint-Cloud, Bonaparte se présente aux Anciens, puis aux Cinq-Cents. Il est hué, menacé. Le Président des Cinq-Cents, son frère Lucien Bonaparte, prend prétexte de ces menaces pour demander l'intervention de la troupe, qui dégage la salle des séances. Le législatif est vacant, ce qui n'était pas le but des conjurés qui souhaitaient une investiture légale par le Corps législatif. Dans la nuit, on parvient à réunir quelques députés des deux chambres, qui votent la suppression du Directoire et excluent 62 députés. Ils décident la formation d'une commission législative (Sieyès, Roger Ducos, Bonaparte) et désignent un comité pour réviser la Constitution.
- 13 décembre (22 frimaire an VIII) : proclamation de la constitution de l'an VIII.
- 15 décembre (24 frimaire an VIII) : Début du Consulat (fin en 1804) ; Napoléon prend le pouvoir et se nomme Premier Consul.
- 25 décembre (4 nivôse an VIII) : La Constitution est mise en application. Bonaparte demande à Sieyès de désigner les Consuls. Il n'ose pas se mettre sur la liste et choisit Bonaparte, Cambacérès et Lebrun.
- Lazare Carnot, ministre de la guerre (fin en 1800). Talleyrand, ministre des Affaires étrangères. Laplace, ministre de l’Intérieur.
- 3 011 077 français approuvent la Constitution par plébiscite en février 1800. La Révolution est finie. Le suffrage universel est maintenu, mais réduit à l'établissement de listes de confiance, à plusieurs degrés (communales, départementales, nationales). Un Sénat est composé de 80 membres inamovibles, se cooptant à partir de listes proposées par le Premier Consul, le Corps Législatif et le Tribunat. Le Sénat veille à la constitutionnalité des lois et désigne les membres des assemblées législatives à partir de la liste de confiance nationale. L'article 24 rend légale la désignation de la majorité absolue du Sénat par Sieyès, Roger Ducos, Cambacérès et Lebrun, la cooptation n'intervenant qu'ensuite. Le pouvoir législatif est exercé par le Tribunat et le Corps Législatif, désignés par le Sénat sur la liste de confiance nationale et renouvelés par cinquième tous les ans. Le Tribunat (100 membres) discute des projets de lois et les transmet au Corps législatif (300 membres), qui vote les projets de lois sans avoir le droit de les discuter. L'exécutif est confié à trois consuls nommés pour dix ans et indéfiniment rééligibles par le Sénat (la Constitution institutionnalise le choix de Sieyès). Le second et le troisième Consul ont un pouvoir consultatif. L'essentiel de l'exécutif est donné au Premier Consul, qui promulgue les lois, possède l'initiative des lois et nomme le Conseil d'Etat qui rédige les projets, les ministres, les ambassadeurs, les officiers et les juges. Il est seul juge des dépenses publiques, fixe le taux et le titre des monnaies, dirige les armées et la diplomatie, mais il doit soumettre la déclaration de guerre, les négociations de paix et les traités de commerce au législatif.
- 26 décembre : décret instituant en France le Conseil d'État (équivalent du conseil du Roi).
Russie
- Création de la Direction des apanages, destiné à épargner au Trésor les dépenses de Cour.
- Abolition des assemblées nobiliaires dans les gouvernements provinciaux.
- Septembre : Le comte Rostopchine et N.P. Panine sont placé à la tête des Affaires étrangères puis de la Chancellerie.
- 1er novembre (12 novembre du calendrier grégorien) : Décret sur le statut des corporations.
Religion
Art & Culture
- Intelligence et jugement de Herder.
- Fichte, accusé d’athéisme est contraint de démissionner de sa chaire de philosophie à Iéna.
- Hymnes sacrés de Novalis.
Science & technique
Economie & Société
Grande-Bretagne
- Combinations Acts (1799-1800) : lois interdisant les coalitions et assimilant la coalition à un délit pénal.
- La Grande-Bretagne est le premier état à introduire l'impôt sur le revenu (income tax).
France
- Pour se rendre compte de l'état de la France, le Premier Consul envoie des conseillers d'Etat en mission : ils remarquent que les prix agricoles baissent et que les consommateurs peuvent acheter ce qui leur est nécessaire mais s'inquiètent des difficultés que connaît le Midi, où les récoltes sont régulièrement déficitaires. Ils constatent une récession durable de l'industrie, due à la baisse de la consommation intérieure et au manque de débouchés extérieurs en Europe et aux colonies. Dans les régions portuaires, ils notent la crise profonde du commerce et le déclin des activités. Ils constatent de graves défauts dans la perception et la répartition de l'impôt. Les institutions d'assistance fonctionnent très mal. L'enseignement est désorganisé. La sécurité publique est troublée par la délinquance rurale, par le brigandage, par l'action des opposants politiques (royalistes dans l'Ouest). Les conseillers d'Etat remarquent dans toute la France la disparition des cultes révolutionnaires, la désaffection pour le culte constitutionnel et la recrudescence d'activité des réfractaires (10 églises sur 15 à Paris). Les populations sont lasses de dix ans de tension et espèrent la paix et la sécurité. Elles craignent aussi bien le retour de l'Ancien régime que celui de la Terreur et restent apathiques.
- 22 janvier : Ludger Duvernay, imprimeur bas-canadien († 1852).
- 27 février : Frederick Catherwood, illustrateur britannique († 1854).
- 20 mai : Honoré de Balzac, romancier français († 1850).
- 21 mai : Mary Anning, paléontologiste britannique († 1847).
- 26 mai : Alexandre Pouchkine, poète, dramaturge et romancier russe († 1837).
- 26 mai : Felipe Poey, zoologiste cubain († 1891).
- 18 juin : William Lassell, astronome britannique († 1880).
- 19 juillet : Comtesse de Ségur (Sophie Rostopchine), romancière française († 1874).
- 11 août : Joachim Barrande, géologue et paléontologue français († 1883).
- 19 novembre : René Caillé, explorateur français († 17 mai 1838)
- 17 décembre : Antoine-Joseph Jobert, médecin et chirurgien français, président de l' Académie des sciences. († 1867).
- 22 janvier : Horace-Bénédict de Saussure, naturaliste et géologue, il est considéré comme le fondateur de l'alpinisme. (° 1740)
- 4 février : Étienne-Louis Boullée, architecte et théoricien français (° 1745).
- 12 février : Lazzaro Spallanzani, biologiste italien (° 1729)
- 1 avril : Jacques-Étienne Montgolfier, inventeur français (° 1745).
- 27 avril : Louis Marie de Caffarelli du Falga, militaire français, général de brigade, général de la Révolution (° 13 février 1756).
- 18 mai : Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, dramaturge français (° 1732).
- 15 août : Barthélemy Catherine Joubert, général français tué à la bataille de Novi (° 1769).
- 21 août : Johann Julius Walbaum, médecin et naturaliste allemand (° 1724).
- 29 août : Pie VI meurt en captivité à Valence, après avoir été emmené par les troupes françaises depuis Florence, successivement à Bologne, puis à Parme, à Turin, et à Grenoble.
- 7 septembre : Louis-Guillaume Le Monnier, botaniste français (° 1717).
- 7 septembre : Jan Ingenhousz, médecin et botaniste d'origine britannique (° 1730).
- 6 octobre : William Withering, médecin et botaniste britannique, célèbre pour sa découverte de la digitaline († 1741).
- 6 décembre : Joseph Black, chimiste et physicien (1728-1799), qui découvrit la présence de dioxyde de carbone (gaz carbonique) dans l’atmosphère.
- 14 décembre : George Washington, ancien Président des États-Unis (° 1732).
- 31 décembre : Jean-François Marmontel, Encyclopédiste et Académicien français (° 1723).
Voir aussi
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