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L'expression économie du savoir, capitalisme cognitif ou économie de la connaissance, ou, en débordant l'aspect économique société de la connaissance, désigne ce qui serait une nouvelle phase de l'histoire économique dans laquelle, selon certains économistes, nous sommes entrés depuis la fin du siècle dernier (années 1990).

Cette mutation de l'économie serait aussi celle d'un nouveau mode de régulation du capitalisme (le troisième après le mercantilisme et le capitalisme industriel).

Enfin, certains ont pu parler de "nouvelle économie" ou "d'économie post-industrielle"

Les facteurs d'évolution à l'origine du concept


Cette nouvelle ère économique, connaîtrait son essor sous l'effet conjugué :

  • du développement de l'intelligence économique territoriale, des pôles de compétitivité, des échanges en partenariat et avec des parties prenantes,
  • du développement du secteur tertiaire et des activités immatérielles,
  • des progrès technologiques, avec depuis peu les (nouvelles) technologies de l'information et de la communication -(N)TIC- et les biotechnologies, qui forment la nouvelle économie.
  • de la mondialisation qui réduit la rémunération du travail physique, et qui accroît au contraire le profit des "idées", en leur fournissant des débouchés élargis ... il est notable que vendre une idée à 10 personnes coûte autant au "fabricant" que de la vendre à des milliers, mais que les profits dégagés sont eux infiniment supérieurs dans le second cas.

Il est considéré, dans ce type d'économie, que :

  • la matière première clé qui assure un avantage compétitif aux personnes, institutions et lieux géographiques qui la détiennent, ne se situe plus dans le matériel (les denrées, matières premières et sources d'énergie...) mais dans l'immatériel (l'information, le savoir faire et la connaissance).
  • Nous pouvons en parallèle parler de capital-savoir, comme le quatrième facteur de production, en plus des trois autres plus traditionnels : ressources naturelles, travail, et capital physique ;
  • le travail physique pur de son côté perd de son importance, ou du moins devient sous-traité et non stratégique, par rapport aux compétences technique, scientifique, organisationnelle, communicationnelle et la capacité créative et adaptative (théorie du capital humain).
  • l’accumulation porte majoritairement sur la connaissance et sur la créativité, c’est-à-dire sur l'immatériel. On parle en ce sens, au niveau microéconomique de capital intellectuel et de "valeur-savoir".

Au total, cela fait évoluer, au niveau de la théorie économique, l'approche traditionnelle des facteurs de production. (Voir Pôle de compétence et économie du développement)

Evaluation des conséquences pour les parties prenantes


Certains avancent que cette accumulation de connaissances profiterait autant, sinon plus aux travailleurs - qui en détenant le savoir pèsent sur le processus de production - qu'aux investisseurs détenteurs des moyens matériels. Pour d'autres, ce nouveau stade du capitalisme augmenterait l'exploitation des salariés en les dépossédant de leurs connaissances et en rompant la dissociation entre le travail et la vie privée.

En réalité, l'appréhension du capitalisme cognitif est rendue complexe par la coexistence en son sein d'activités marchandes et non marchandes nécessairement interdépendantes (concept de patrimoine commun). Les tensions entre ces deux aspects sont permanentes. De plus, elles évoluent continuellement en fonction de facteurs économiques, sociaux, juridiques et techniques....

Statut de la connaissance en matière de propriété


Le noyau de l'économie de la connaissance est lié à l'appropriation des connaissances et à la production continuelle d'innovation. Tous les secteurs de la vie sociale qui concourent à la production de connaissances seraient les nouveaux centres du capitalisme cognitif.

Ceci suppose une extension de la propriété privée et donc la possibilité d'appliquer à cette connaissance un droit privatif afin d'en exclure l'usage à d'autres, on parle alors de "nouvelles enclosures". Le savoir étant par essence non rare et donc partageable, ces protections contre la coopération sont cependant difficiles à mettre en œuvre.

Cependant d'autres méthodes de production et de diffusion de connaissances existent sans droit de propriété exclusif et se basant sur la coopération, tels les logiciels libres, l'art libre ou plus généralement tous les objets placés sous licence GPL ou autres licences libres.

Bibliographie


  • Pascal Nicolas-Le Strat, Mutations des activités artistiques et intellectuelles, L'Harmattan, 2000
  • Christian Azaïs, Antonella Corsani, Patrick Dieuaide, Vers un capitalisme cognitif : entre mutations du travail et territoires, L'Harmattan, 2001
  • Carlo Vercellone, Sommes-nous sortis du capitalisme industriel ?, La Dispute, 2003
  • André Gorz, L'immatériel, Galilée, 2003

Voir aussi


Liens externes


économie du développement

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